Axe 1 : Eco-épidémiologie et lutte contre les maladies dues aux trypanosomatidés (MDT) et leurs vecteurs dans un environnement en mutation

En bref

Date de mise à jour : 15 avril 2016

L’objectif des recherches menées au sein de cet axe est de conduire avec nos partenaires européens et du Sud une approche intégrée des différents protagonistes du cycle des trypanosomatidés (hôte humain ou animal /parasite /vecteur /microbiome /environnement /climat) pour diagnostiquer, analyser et établir des méthodes de contrôle de ces maladies.

L’amélioration et la validation des méthodes de diagnostic (détection des parasites ou de marqueurs d’exposition aux vecteurs ou aux parasites développés dans l’axe 3) dans les diverses populations cibles est la première étape nécessaire avant leur application à la surveillance. Celle-ci est mise en œuvre sur le terrain afin de connaître l’évolution de la prévalence et de la distribution spatiale et temporelle des maladies dans les populations humaines ou animales, ainsi que chez leurs vecteurs et réservoirs possibles; ces informations permettent la compréhension des cycles parasitaires, l’évaluation de l’impact des MDT, ainsi que le développement et la validation des méthodes de contrôle du parasite (vaccins, traitements, prophylaxies,) et de lutte contre ses vecteurs (écrans, pièges, attractifs, répulsifs, symbiontes et autres bactéries).

 Une attention particulière sera portée à l’adaptation de ces questionnements de recherche au contexte international d’élimination prévalant actuellement pour ces maladies, avec pour les années à venir la mise à disposition de diagnostics de type individuel (RDT pour la THA), de nouveaux traitements, et des outils rénovés de lutte anti-vectorielle.

La caractérisation fine phénotypique et génétique des populations d’hôtes, de réservoirs, de parasites et de vecteurs, est essentielle à la compréhension de leurs interactions. La caractérisation phénotypique des hôtes et des réservoirs concerne notamment la réceptivité, la sensibilité, la capacité de portage, de résurgence, de transmission verticale, et l’existence de refuges. A ce titre, le portage asymptomatique notamment, qui détermine l’existence de réservoirs potentiels de parasites humains et animaux à prendre en compte dans les stratégies d’élimination de ces maladies, est considéré comme priorité de recherche par l’OMS et sera particulièrement étudié. La caractérisation des parasites portera sur la pathogénicité, la chimiorésistance, les tropismes, les refuges extravasculaires, les formes atypiques humaines de trypanosomoses animales.

 La caractérisation des vecteurs comprend en premier lieu leur écologie au vu de l’impact sur les méthodes de lutte anti-vectorielle, mais aussi l’identification, la compétence vectorielle, le rôle des symbiontes et des autres bactéries identifiées, le mode de reproduction et la structure de leurs populations, avec une attention particulière sur les possibilités d’adaptation de vecteurs de trypanosomatidés (glossines et réduves notamment) à l’homme et au milieu urbain. L’étude des divers modes de transmission, biologique, mécanique, ou par contamination, et de maillons épidémiologiques encore mal connus, est primordiale pour compléter les connaissances sur l’épidémiologie. Un état des lieux de l’importance du changement global (notamment démographique et climatique), de l’anthropisation des milieux et des élevages, et de leurs impacts observés et projetés sur les vecteurs et les MDT, sera réalisé grâce à des modélisations en collaboration avec d’autres UMR de l’IRD et du CIRAD, ou de l’extérieur.

Cette approche sera appuyée par la réalisation sur le terrain d’enquêtes démographiques, si possible socio-anthropologiques, permettant de mieux comprendre l’organisation et le fonctionnement des communautés, qui conditionnent leur exposition à la maladie, ou leur perception des programmes de lutte. La projection systématique de ces informations au sein d’un Système d’Information Géographique devrait permettre d’avoir une vision plus globale, mais aussi adaptée à chaque foyer, de la distribution du risque et de favoriser en ce sens l’aide à la décision pour l’application de stratégies de lutte optimisées. Dans leur ensemble, ces caractérisations contribuent aux définitions optimales des stratégies de lutte contre ces maladies.

Date de mise à jour : 15 avril 2016

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