THA : à la recherche du parasite oublié au Cameroun

Dans les pas de Jean-Mathieu Bart, sur la piste du parasite de la Trypanosomiase dans la faune domestique et sauvage au Cameroun

En vue d’atteindre les objectifs de la communauté internationale (ODD 3, feuille de route OMS) d’élimination de la Trypanosomiase Humaine Africaine (THA), connue comme Maladie du sommeil, les scientifiques doivent encore élucider les nombreux facteurs biologiques, écologiques ou même socio-environnementaux encore inconnus et qui pourraient menacer l’atteinte de ces objectifs. Un de ces paramètres est l’implication de la faune domestique et sauvage comme réservoir de Trypanosoma brucei gambiense , le parasite responsable de cette maladie négligée, mais toujours présente au Cameroun.

Une nécessaire compréhension des cycles de transmission

En Mars 2018, une équipe composée par Vincent Ebo’o, secrétaire permanent du Programme National de Lutte contre la THA (PNLTHA) du Cameroun, Jean-Mathieu Bart, chercheur IRD à l’UMR INTERTRYP (Montpellier), Rolin Kamga, doctorant de Gustave Simo à l’Université de Dschang et Cheke Banabas, conducteur IRD, s’est rendue dans deux foyers de THA au Sud du Cameroun (Bipindi et Campo). Leur mission a consisté à prélever des échantillons biologiques sur près de 200 animaux péri-domestiques (majoritairement ovins, caprins et porcins) dans ces foyers où leur rôle comme réservoir est fortement suspecté. Les niveaux de parasitémie dans le sang et dans le derme des animaux, la réponse immunitaire des hôtes, la capacité d’adaptation du parasite seront autant de paramètres étudiés qui permettront aux chercheurs de mieux comprendre le poids épidémiologique de la faune et ainsi, proposer des moyens de lutte adaptés selon la spécificité de chaque foyer.

Une indispensable coordination entre pays voisins

Pendant cette mission, Eustaquio Nguema Ndong, Coordinateur du PNCTHA de Guinée Équatoriale est venu renforcer l’équipe. En effet, de l’autre côté du fleuve Ntem, une frontière naturelle entre Cameroun et Guinée Équatoriale, le foyer de THA de Rio Campo partage les mêmes caractéristiques que le foyer camerounais. Une action coordonnée de lutte, aussi bien au niveau médical que vectoriel, doit être engagée entre les deux pays (mais également avec tous les pays du bassin du Congo où sévit la maladie) si nous voulons obtenir des résultats plus efficaces et durables. 

En savoir plus: jean-mathieu.bart@ird.fr  

Publiée : 16/04/2018

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